La charrette à bras de mon grand-père

Publié le par Enora

A chaque fois que je reviens en banlieue parisienne, sur les collines de Montmorency, en voiture ou à moto, j’ai une petite pensée pour mon grand-père.

Vous allez me dire, « bah évidemment, c’est là qu’ils habitent ». Oui, certes. Et d’ailleurs, les seules fois où je pars à l’aventure me perdre dans les petites rues sinueuses et parfois même escarpées de Montmorency, c’est pour leur rendre visite. Cependant, une de ces rues me fait particulièrement de l’effet, et ce, en me faisant illico retomber en enfance… Je ne connais toujours pas son nom (nan, quand on connaît un endroit par cœur très jeune, plus tard on n’a pas besoin d’en connaître tous les noms pour s’y repérer) mais elle est étroite et pentue. A chaque fois que mes roues empruntent ce chemin je ne peux m’empêcher de me retrouver plus d’une dizaine d’années en arrière, dans le cache-col à platane et autres brouettes à cambouis de mon grand-père et de l’entendre me raconter encore et toujours la même histoire…
« ah ma p’tite fille, quand j’étais jeune, je remontais cette rue à pieds avec la charrette à bras... »
Cette rue a donc été rebaptisée : la rue de la charrette à bras. Je ne peux m’empêcher d’entendre mon grand-père parler, ce qui me fait penser que ces trajets à ses côtés étaient tous agrémentés des mêmes remarques qu’il faisait (je pense) pour nous, ses petits enfants. Les feux tricolores auront reçu pas moins d’une dizaine de : « tu vas la cracher ta pastille Valda ? » lorsque arrêté au rouge.

Et bien papi, aujourd’hui, ce post t’est dédié. En me baladant dans les rues de Shanghai je suis tombée sur un des nombreux chantiers chinois qui dévisagent le paysage urbain (déjà pas très beau). Là-bas, il n’y a pas de machines pour retourner la terre (ou très peu), tout est fait à la mano ! Certains hommes s’affairent sur le terrain avec leurs pelles pendant que d’autres transportent la terre d’un endroit à un autre à l’aide de charrettes à bras…
Merci papi pour tous ces souvenirs !
CIMG3127.JPG

Publié dans A vous de jouer

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Gwen 31/12/2007 04:38

Et bien cette anecdote-là, je ne la connaissais pas. Je suppose que les souvenirs les plus pénibles ne ressortent pas aussi facilement que des "quand je pense que de mon temps tout ça c'était des champs!". Ce n'est pas la première fois que je le dis, mais il est vrai que ce séjour en Chine est aussi un voyage dans le temps qui nous permet de voir ce qui a pu être le quotidien des grands-parents, il y a deux ou trois générations. En un sens, c'est un éloignement qui rapproche...
Bisous
G

Mouch 30/12/2007 16:57

je tire sur papier et lui envoie l'article! ton grand père peu avant la libération et après s'être échappé du camp de travail en allemagne a travaillé à l'hopital de Montmorency en "clandestin" pour échapper à la police allemande... il ramassait les blessés et les morts, allemands et français sur ..............! une charette à bras !!! et il s'est trouvé coincé entre un camion allemand venu prendre ses soldats et un camion de FFI !!! les uns avaient aussi peur que les autres et comme tu dois t'en douter, il s'en est sorti !
Voilà une autre anecdote à mettre dans le livre des souvenirs.....
Bisous
Mouch